L’écrivain Josef Švorecký est décédé ce mardi 3 janvier à Toronto

Publié le par Kalesh

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Josef Švorecký, écrivain, essayiste, traducteur de l’anglais et éditeur de littératures tchèque et slovaque interdites pendant la période communiste est décédé à l’âge de 87 ans ce mardi matin à Toronto, où il vivait avec sa femme depuis 1969.

Après la deuxième guerre mondiale il étudie la littérature américaine et l’anglais à l’Université Charles de Prague et contribue à différentes revues littératures de l’époque pour finalement devenir en 1956 rédacteur en chef de la rue bi-mensuelle «Světová literatura“ (Littérature Mondiale). La publication de son roman „Zbabělci“ (les lâches) en 1958, est un scandale politique qui lui ferment les portes des revues et autres institutions littéraires de l’époque. Ses livres seront partiellement édités en Tchécoslovaquie puis totalement interdits après son exil au Canada.

 

images2.jpgJosef Švorecký en 1949.


Josef Švorecký, grand admirateur de musique jazz, a publié un grand nombre de romans qui ont été traduits dans plusieurs langues. Il est aussi célèbre pour ses nombreuses traductions d’auteurs américains tels que Hemingway, Lewis et faulkner.

En 1969 il se trouve avec sa femme à Toronto, Canada, lorsque les troupes du Pacte de Varsovie envahissent la Tchécoslovaquie. Ses derniers écrits étant interdits de publication dans son pays natal et une place de professeur de littérature américaine lui étant alors proposée par l’Université de Toronto, ils décident  de s’y installer définitivement avec sa femme Zdena Salivarová, chanteuse et actrice tchèque. Ensemble ils créent la maison d’édition 68 Publishers (en 1971), qui publiera juqu’à 1989 plus de 220 livres interdits par la censure communiste. On disait alors :« Ce que les censeurs socialistes empêchent de paraître, les Švorecký l’impriment ».

De nombreux écrits vont ainsi voir le jour à Toronto pour circuler, notamment, sous le manteau dans la Tchécoslovaquie normalisée. Des auteurs comme Václav Havel, Milan Kundera, Jiří Gruša, Ivan Klíma, Alexandr Kliment, Pavel Kohout, Václav Černý et bien d’autresm dont les production littéraires jouent un rôle clé pour l’histoire du pays. Ces publications de littératures d’exil et de samizdats avaient à l’époque leur importance : elles offraient la possibilité aux auteurs interdits de se faire lire et entendre, elles participaient à la reconnaissance d’une littérature locale censurée et officialisait son existence. Aussi, ces publications diffusaient à l'Ouest des informations sur l'état de la société et de la culture en Tchécoslovaquie communiste.

Josef Švorecký avait pour réputation d’être un amoureux de la vie, un humaniste, dont le goût pour la musique jazz et ses sonorités articulèrent ses expériences de la Tchécoslovaquie, qui n’ont jamais cessées d’alimenter ses écrits tout au long de sa vie d'auteur.


Quelques idées de livres parus en français :
 
Les Lâches (Zbabělci, 1958), roman traduit du tchèque par Françoise London-Daix. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1978.

La Légende d'Emöke (Legenda Emöke, 1963), roman traduit du tchèque et préfacé par François Kérel. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1968.

Le Lionceau. Mélodrame policier final (Lvíče. Koncové detektivní melodrama, 1969), roman traduit du tchèque par François Kérel. [Paris], Éditions Gallimard « Du monde entier », 1972.

Miracle en Bohême (Mirákl. Politická detektiva. 1972, 1991), roman traduit du tchèque par Claudia Ancelot, préface de Milan Kundera traduite par Petr Král. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1978.

Deux meurtres dans ma double vie (Dvě vraždy v mém dvojím životě, 1996 ; version anglaise : Two murders in my double life), roman traduit de l’anglais par Béatrice Vierne. [Monaco], Éditions du Rocher / Anatolia, 2001.

Publié dans Social actualities

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