Occupy Wall Street, derniers événements sur le sol américain et mise en commun avec les mouvements de ces derniers mois en Europe.

Publié le par Kalesh

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700 manifestants ont été arrêtés par les forces de police new yorkaises sur Brooklyn Bridge samedi dernier. Le mouvement de protestation s’étend à d’autres villes américaines.


Samedi dernier, alors que le mouvement de "Occupy Wall Street" entamait sa troisième semaine par une traversée du pont de Brooklyn (Brooklyn Bridge), 700 manifestants ont été arrêtés pour avoir perturbé la circulation et ne pas avoir emprunté les seules voies piétonnes alors que les policiers en auraient donné l'ordre. Pourtant, les manifestants affirment que les forces de police les ont enjoint à rejoindre l’axe principal du pont sans  même se douter qu’ils agaissaient mal ou que c'était un piège pour mieux les encercler à l'aide des fameux filets oranges et enfin procéder à une arrestation massive, l'une  des plus importantes de l’histoire contemporaine américaine. 

 

La semaine dernière, des personnalités telles que le documentariste Michael Moore, l’actrice Susan Sarandon et le philosophe et critique  noir -américain Cornel West sont venus apporter leur soutien aux manifestants de Occupy Wall Street et les encourager à continuer la lutte dans les rues du district financier.

En parallèle au mouvement de New York City des organisations similaires ont pris la relève et voient le jour un peu partout aux Etats-Unis, dans des villes comme Washington, Los Angeles, Boston, San Francisco et d'autres plus petites.


Leurs campements s’organisent aux pieds des mairies, sur le modèle de Occupy Wall Street, c’est-à-dire en espace ouvert, avec une organisation communautaire et sans hiérarchie, de la nourriture pour tous et gratuite et tout cela dans une atmosphère accueillante. D’après la journaliste anglaise Laurie Penny, qui a couvert les mouvements de protestation en Angleterre, la structure, la volonté et l’organisation de ces mouvements sont, à quelques différences culturelles près, les mêmes, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Les manifestants, diabolisés par les médias, semblent ne pas avoir une direction formelle ou un programme politique précis qui apporterait réponses aux difficultés économiques, sociales ou bien à la corruption des milieux politiques et financiers; cependant on sent dans les rangs de ces manifestants  l’idée réelle que quelque chose doit changer...

 


occupyMAP

Sur la page internet de Occupy Wall Street on peut lire ceci:

„Occupy Wall Street est un mouvement de résistance sans leader, qui rassemble des gens de couleurs, de sexes, de convictions politiques différentes. La chose qui nous unit c’est que nous sommes les 99 % de gens qui refusent de tolérer plus longtemps l’avidité  et la corruption des 1 %. Nous utilisons la tactique du printemps arabe (ou encore réveil arabe, c’est-à-dire l‘ensemble de manifestations populaires qui se produisent dans de nombreux pays du monde arabe depuis décembre 2010) pour arriver à nos fins, en encourageant la pratique de la non-violence pour maximiser la sécurité de nos participants.“

 

 


Forces de police et couverture insolente des médias.


Depuis le début des manifestations les forces de police ont montré une grande austérité envers les participants, utilisant même la force à leur encontre. Arrestations répétées et massives, hostilité notoire envers toute personne qui rejoint les rangs de la manifestation et des marches. Malgré les débordements de ces derniers jours, les organisateurs de Occupy Wall Street essaient de ne pas généraliser la figure du mauvais flic en rappelant que certains policiers refusent, quitte à perdre leur emploi ou à rencontrer des difficultés dans leur travail, de faire le „sale boulot“ et d’entrer en collision avec les manifestants.


Mais l’agression inopinée d’un groupe de jeunes femmes pacifistes durant une marche la semaine dernière, pointées par un spray à bout portant par un agent de police, a fait du bruit dans l'opinion public ainsi que dans les rangs des manifestants. Les forces de police ne sont pas présentes pour assurer la sécurité des citoyens mais bien pour défendre les intérêts des grandes compagnies et des politiciens.


 

alg occupy-wall-street-policeLes réactions des forces de police sont évidemment les mêmes  à Londres, à Athènes ou encore à Lisbonne. Usage de la violence sur les manifestants, arrestations hâtives et nombreuses, tout cela  afin de dissuader les populations de descendre dans les rues et de montrer leur mécontentement quant à l’état national et international des choses. Les manifestants sont  donc mis en garde: s’ils veulent exercer leurs droits à manifester et à organiser ce type d’actions ils se mettent systématiquement en danger. Et responsabilité leur incombe...

 

Dans le même temps, la banque américaine J.P Morgane Chase a fait don à la fondation des forces de police de la ville de New York de la modique somme de 4, 6 millions de dollars. Jamais une telle somme n'avait été offerte à une fondation dans toute l'histoire des Etats-Unis.

 

Ce qui relie aussi les mouvements en Grèce, en Espagne, en Angleterre, au Portugal et aux Etats-Unis, c’est cette diabolisation générale exercée par les médias qui usent de préjugés et font de ces manifestations une foire de charlatans perdus sans rien d'autre à faire. Donc, des hippies, des anarchistes, des étudiants paresseux, des chômeurs , bref, des gens qui refusent de travailler mais qui veulent juste semer le trouble sur la voie publique empruntée par les honnêtes travailleurs, qui se retrouvent  victimes de manifestations inutiles sans fond réel ni lendemain.

(Ce qui me rappelle une phrase du philosophe et psychanalyste Slavoj Žižek, si l’on peut imaginer la fin du monde, l’apocalypse, on n'arrive pas à s‘imaginer le fin du capitalisme... drôle, non?)

 

Enfin, la journaliste Laurie Perry, tout comme d’autres personnes présentes dans ces manifestations, ajoute que les participants à ces mouvements aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis qu’en Espagne sont des gens de tous les âges, avec des bagages divers, souvent des gens qui ont un emploi, contrairement à ce que disent les médias. Des gens qui pensent justement que les choses peuvent changer.


Pour finir une parole d'un protestant de Occupy Wall Street:

„Les gens réalisent que nous sommes tous un et que notre gouvernement travaille contre nous pour nous garder à l’écart. C’est comme cela que les 1% de la population les plus riches sont parvenus à tout prendre, en nous divisant afin que les gens ne réalisent pas qu’ils sont un seul et unique corps, et c’est ça que le mouvement d’aujourd’hui tente de faire“.

 

Histoire à  suivre...

Publié dans Social actualities

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