Un potager qui ne manque pas d'air...

Publié le par Kalesh

images-copie-5.jpgAlors que plusieurs espaces publics dans le secteur Bas-Montreuil sont investis régulièrement ou ponctuellement par les habitants, la dalle H. Arendt n’avait jamais fait l’objet d’aucune animation portée par les habitants. Il faut dire que le manque de visibilité de cette dalle, perchée sur le toit d’un magasin Décathlon, l’aménagement sommaire de cet espace isolé entre des immeubles de bureaux, ainsi que son très fort ensoleillement l’été et son exposition au vent l’hiver peuvent expliquer cet état de fait. 
C’est pourtant sur cette place un peu insolite de 6000 m² que le jardin partagé de la dalle Hannah Arendt a élu domicile dans le courant du printemps 2009.

 

Un jardin partagé à l’initiative de l’AFMM

L’initiative vient de l’association des femmes maliennes de Montreuil (AFMM). Sensible à la richesse de la mixité sociale de la ville de Montreuil et à la façon de la mettre en valeur, l’association a souhaité monter un projet de potager géré en commun par des personnes de toutes origines. Se tournant vers les services de la Ville, coordination vie de quartier et développement social urbain du secteur Bas-Montreuil, pour trouver un terrain, l’AFMM a tout de suite été emballé par la jardinière inexploitée de 800 m² se trouvant sur la dalle Hannah Arendt que la ville de Montreuil lui a proposée.

L’aventure commence donc dès mars 2009 avec l’AFMM, une coordinatrice DSU (Développement Social Urbain) du secteur bas Montreuil, une vingtaine d’habitants du Bas-Montreuil d’origines sud-sahélienne, magrébine, européenne et asiatique, et l’association Le Sens de l’Humus. L’idée est de créer un espace de partage et d’échange culturel autour d’une activité de jardinage respectueuse de l’environnement, avec l’aide notamment de cette association déjà expérimentée dans ses pratiques.

Se réapproprier l’espace urbain

 

Depuis avril dernier, c’est donc plus d’une trentaine de personnes qui entretiennent la jardinière de la dalle Hannah Arendt, donnant petit à petit vie à cet espace purement urbain et son paysage un peu triste, redéfinissant l’intérêt d’une diversité sociale et végétale. Car au-delà de l’activité potagère qui a vu le jour sur cette place, se dessine peut-être bien un tout autre enjeu qui est de l’ordre d’une réappropriation de l’espace urbain par ceux qui y habitent. Cet accès à la terre ouvre la question de l’autoproduction et du choix de vie, de l’échange de savoirs et de semences. Quelle ville et quelle alimentation ? Et pas seulement pour ceux qui font partie du projet, mais également pour ceux qui en bénéficient indirectement. En témoigne toutes les personnes qui travaillent dans les bureaux autour et regardent s’épanouir le jardin avec un réel intérêt, pas mécontent de voir ces activités potagères animer et reverdir leurs horizons. Ou encore ces personnes des quartiers avoisinant venant participer aux formations proposées sur le jardin, ou souhaitant bénéficier du composteur de déchets verts qui y a été mis. C’est sans compter aussi le nombre de personnes qui souhaiteraient eux même avoir un bout de terre à cultiver et s’inscrivent sur une liste d’attente qui ne cesse de grandir…

La ville regorge d’un foisonnement extraordinaire de savoir et de compétences, la question est de savoir comment cet espace urbain peut être encore et toujours plus celui de ceux qui y vivent ? C’est à chacun d’entre nous d’y participer et d’y semer sa graine.

 

Passerelle éco.

Publié dans Alternatives

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